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Regest

Der österreichische Außenminister Metternich informiert den neapolitanischen Vertreter Ruffo über die Haltung der Mächte gegenüber der Regierung des Königreichs beider Sizilien und über deren politische Ziele.

Anwesende BERNSTORFF · BLACAS · CARAMAN · FERRONNAYS · GORDON · KAPODISTRIAS · METTERNICH · NESSELRODE · POZZO DI BORGO · RUFFO · VINCENT
Bezeichnung Journal des Conférences
Dokumentenart Originaljournal
Ort/Datum Laibach, 16. 01. 1821
Signatur Wien, ÖStA, HHStA, Staatskanzlei, Kongressakten, Kart. 22, Fasz. 40 (alt), 13–16
Stückbeschreibung

Journal

Vgl. gedruckte Quelle Alberti, Atti, S. 404-407.

Text

Hand: Anonyme Hand

[Bl. 13r]

Journal des Conférences
No 4.

Conférence du 16 Janvier.

Mr le Prince de Metternich a pris la parole pour répondre en son nom et comme organe de Mrs les Plénipotentiaires, ses Collègues, à la communication faite à la Conférence du 13 de ce mois par Mr le Prince de Ruffo de la part de S. M. Sicilienne. Il a exprimé d’abord à Mr le Prince Ruffo la vive satisfaction avec laquelle les Souverains alliés avaient appris, combien S. M. Sicilienne appréciait les motifs qui les avaient portés à lui adresser l’invitation de se rendre à Laybach. Le Prince a ajouté que, bien que Sa Majesté n’eut pas pu ignorer l’impression fâcheuse produite par les événemens arrivés à Naples depuis le 2 Juillet1 et les inquiétudes auxquelles ils avaient donné lieu, il appartenait cependant plus particulièrement aux Plénipotentiaires des Souverains alliés de faire connaître l’étendue de ces inquiétudes et la gravité des causes qui les ont fait naître.

La révolution de Naples portait en elle-même un caractère assez alarmant pour fixer l’attention des Souverains et pour diriger leurs vues sur les dangers dont elle menaçait les Etats voisins. Les moyens par lesquels cette révolution avait été opérée, les principes annoncés[Bl. 13v] par ceux qui s’en déclaraient les Chefs, la marche qu’ils suivirent, les résultats qu’ils amenèrent, tout devait répandre l’épouvante dans les autres Etats de l’Italie et fortement agir sur les Puissances les plus directement intéressées au repos de la péninsule. Le Gouvernement autrichien n’aurait pas pu regarder avec indifférence une catastrophe dont les suites incalculables pouvaient, en renversant pour longtems l’ordre et la paix en Italie, compromettre les plus précieux intérêts de l’Autriche et menacer même sa propre sureté. Fidèle au système qu’elle a invariablement suivi depuis 7 ans2, la Cour de Vienne crut, dans une occasion aussi importante, remplir un devoir que Sa position et ses engagemens lui prescrivaient également en invitant Ses alliés à l’éclairer de leurs lumières et à délibérer avec Elle sur des questions dignes sous tant de rapports d’occuper sérieusement les pensées et les sollicitudes de toutes les Puissances.

Cependant, les Cabinets réunis à Troppau n’ont pas pu considérer la révolution de Naples comme un événement tout à fait isolé. Ils y ont retrouvé ce même esprit de trouble et de désordre qui a désolé le monde pendant si longtems, que l’on a pu croire comprimé par les effets salutaires d’une pacification générale, mais qui depuis s’est malheureusement[Bl. 14r] réveillé dans plus d’un pays de l’Europe et a reparu même sous des formes moins redoutables peut-être au premier aspect que celles qu’il avait déployées à des époques antérieures, mais plus essentiellement menaçantes pour le maintien de l’ordre social. Ces considérations n’ont pu qu’imprimer aux yeux des Souverains un caractère particulièrement grave aux événemens qui venaient de se passer dans le Royaume des Deux-Siciles, et ils se sont convaincus qu’en s’occupant dans les vues les plus justes et les plus légitimes des moyens propres à rétablir l’ordre dans ce Royaume, ils travaillaient en même tems pour l’intérêt général du repos et du bonheur de l’Europe et pour l’affermissement de cette paix qui, après tant de désastres et tant d’efforts, avait enfin été heureusement consolidée par les transactions de Vienne, de Paris et d’Aix-la-Chapelle.

En effet, la révolution de Naples a donné au monde un exemple aussi instructif que déplorable de ce que les nations ont à gagner en cherchant des reformes politiques dans les voies de la révolte et du crime. Ourdie en secret par une secte dont les maximes impies attaquaient à la fois la religion, la morale et tous les liens sociaux, exécutée par des troupes[Bl. 14v] traitres à leurs sermens, consommée par la violence et les menaces exercées contre le Souverain légitime, cette révolution n’a pu amener à sa suite que l’anarchie et le despotisme militaire qu’elle a renforcés plutôt que de les affaiblir en créant un régime monstrueux, incapable de servir de base à un Gouvernement quelconque incompatible avec tout ordre public et avec les premiers besoins de la société.

Les Souverains alliés, ne pouvant se méprendre dès le commencement sur les effets inévitables de ces funestes attentats, se décidèrent d’abord à ne point admettre comme légal ce que la révolte et l’usurpation avaient prétendu établir dans le Royaume de Naples, et la même mesure fut adoptée par la presque totalité des Gouvernemens de l’Europe. Voyant se développer de jour en jour les résultats auxquels un pareil état de choses devait nécessairement conduire, les Souverains n’ont eu qu’à s’applaudir de leurs premières résolutions. Ni l’assujettissement momentané d’un peuple qui n’a pu cesser d’être fidèle, ni les sacrifices pénibles que le désir d’éviter les malheurs d’une guerre civile et de prévenir des crimes plus inexpiables encore a dicté au cœur paternel du Roi, n’ont pu les induire en erreur sur le vrai caractère de ces événemens.

[Bl. 15r]

Ils se sont enfin déterminés non seulement à ne jamais reconnaître un bouleversement opéré par le crime et qui, d’un instant à l’autre, pouvait troubler la paix du monde, mais à réunir leurs efforts pour mettre un terme à des désordres aussi pernicieux au pays qu’ils frappaient directement que remplis de dangers pour tous les autres.

Cependant toujours fort éloignés de recourir à des mesures extrêmes pour obtenir ce qui pourrait être atteint par des voies infiniment plus analogues à leurs principes et à leurs vœux, les Souverains alliés se seraient sincèrement félicités, et se féliciteraient encore, de pouvoir arriver par la force de la raison, par des moyens de conciliation et de paix, à un but auquel ils ne sauraient renoncer sans se mettre en opposition avec leur conscience et avec leurs devoirs les plus sacrés. C’est dans ces sentimens qu’ils ont invité S. M. le Roi de Naples à se placer au milieu de leurs délibérations et à y concourir par tous les moyens que pourra lui inspirer Sa sollicitude pour le bonheur de ses sujets et pour le repos de Ses Etats. Les Souverains se trouveraient heureux de préparer ainsi à S. M. un titre de plus à l’amour et à la vénération de ses peuples, et ce serait assurément le[Bl. 15v] plus grand bien que le Roi leur aurait jamais fait que celui de les éclairer sur les dangers qui les menacent et sur les desseins de ceux qui, sans posséder aucun moyen de les en préserver, n’ont que le triste pouvoir d’accomplir leur ruine.

Aussitôt que par la suppression spontanée d’un régime qui, condamné à périr sous le poids de ses propres vices, ne peut prolonger son existence qu’en augmentant sans cesse les malheurs des pays sur lesquels il pèse, le Royaume des Deux-Siciles sera rentré dans ses anciennes relations amicales avec les Etats de l’Europe et dans le sein de l’alliance générale dont il est séparé par sa situation présente, les Souverains alliés n’auront plus qu’un vœu à former, celui que S. M. le Roi, entouré des lumières et soutenu par le zèle des hommes les plus probes et les plus sages parmi ses sujets, parvienne à effacer jusqu’au souvenir d’une époque désastreuse en établissant pour l’avenir dans Ses Etats un ordre de choses portant en lui-même les garanties de sa stabilité, conforme aux véritables intérêts de ses peuples et propre à rassurer les Etats voisins sur leur sécurité et leur tranquillité future.

Mr le Prince de Metternich a terminé[Bl. 16r] cet exposé franc et sincère des dispositions des Souverains alliés en déclarant en leur nom que si, pour combler les malheurs du Royaume des Deux-Siciles, cette dernière tentative était infructueuse, si la voix de S. M. le Roi n’était pas écoutée et qu’il n’y eût plus d’espoir de vaincre par les conseils de la sagesse et de la bienveillance les égaremens d’un aveugle fanatisme ou les suggestions perfides de quelques hommes criminels, il ne resterait alors aux Souverains alliés que d’employer la force des armes pour donner effet à leur détermination invariable de faire cesser l’état des choses que les événemens du mois de Juillet dernier ont provoqué dans le Royaume des Deux-Siciles.

Mr le Prince de Ruffo a été invité à rendre compte au Roi, son Maître, des déclarations qui viennent de lui être faites, et de prier S. M. de vouloir bien informer les Cabinets alliés des mesures qu’Elle jugera convenable de prendre en conséquence de ces déclarations.

Lu et Certifié

à la conférence du 18

Gentz

Zitierempfehlung Protokoll der 4. Sitzung des Kongresses von Laibach. In: Mächtekongresse 1818–1822. Digitale Edition, hrsg. von Karin Schneider unter Mitarbeit von Stephan Kurz, Wien: Österreichische Akademie der Wissenschaften, Institut für Neuzeit- und Zeitgeschichtsforschung 2018. URL: https://maechtekongresse.acdh.oeaw.ac.at/pages/show.html?document=Laibach_Prot_4.xml&directory=editions, abgerufen 14.11.2019.
Verantwortlichkeiten
  • Transkription: Karin Schneider
  • Wissenschaftliche Edition: Karin Schneider
  • Technical Editor: Stephan Kurz
  • Korrekturen: Karin Schneider, Stephan Kurz
  • Beratung Kodierung: Daniel Schopper
  • Beratung Kodierung: Peter Andorfer

Vergleiche auch die Projektbeschreibung in der Einleitung sowie die Dokumentation der Applikation unter „Über diese Webseite“.

Lizenz https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/legalcode.de