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Regest

Der französische Vertreter Caraman verliest zwei Schreiben betreffend eine persönliche Intervention König Ludwigs XVIII. und den französischen Standpunkt hinsichtlich des separaten Vorgehens Österreichs, Preußens und Russlands, welches ausdrücklich bedauert wird. Metternich informiert die Vertreter Frankreichs und Großbritanniens darüber, dass die Regierungen Österreichs, Preußens und Russlands den Papst um Vermittlung bei den projektierten Maßnahmen betreffend das Königreich beider Sizilien ersuchen werden.

Anwesende BERNSTORFF · CARAMAN · FERRONNAYS · GOLOVKIN · HARDENBERG · KAPODISTRIAS · KRUSEMARCK · LEBZELTERN · METTERNICH · NESSELRODE · STEWART
Bezeichnung Journal
Dokumentenart Originaljournal
Ort/Datum Troppau, 7. 12. 1820
Signatur Wien, ÖStA, HHStA, Staatskanzlei, Kongressakten, Kart. 21, Fasz. 38 (alt), 80–81
Stückbeschreibung

Journal von Gentz

Liste der anwesenden Personen mit Bleistift durchgestrichen.

Vgl. gedruckte Quelle Alberti, Atti, S. 370-371.
Bezeichnung Anlage 1: Erklärung Frankreichs
Dokumentenart Ausfertigung
Ort/Datum Troppau, 7. 12. 1820
Signatur Wien, ÖStA, HHStA, Staatskanzlei, Kongressakten, Kart. 21, Fasz. 38 (alt), 82–85
Stückbeschreibung

Ausfertigung

Vgl. gedruckte Quelle Alberti, Atti, S. 371-372.
Bezeichnung Anlage 2: Erklärung der französischen Regierung
Dokumentenart Ausfertigung
Ort/Datum o.O., o.D.
Signatur Wien, ÖStA, HHStA, Staatskanzlei, Kongressakten, Kart. 21, Fasz. 38 (alt), 86–93
Stückbeschreibung

Ausfertigung

Vgl. gedruckte Quelle Alberti, Atti, S. 372-375.
Bezeichnung Anlage 3: Übersicht erster Ergebnisse der Verhandlungen in Troppau
Dokumentenart Ausfertigung
Ort/Datum Troppau, 8. 12. 1820
Signatur Wien, ÖStA, HHStA, Staatskanzlei, Kongressakten, Kart. 21, Fasz. 38 (alt), 94–97
Stückbeschreibung

Ausfertigung von Gentz

Das Dokument trägt Korrekturen von anderer Hand.

Vgl. gedruckte Quelle BFSP Bd. 8 (1820/21), S. 1149–1151;
Vgl. gedruckte Quelle Angeberg, Congrès, Bd. III, S. 1801–1804;
Vgl. gedruckte Quelle Archive diplomatique/Diplomatisches Archiv, Bd. 1, S. 291–297;
Vgl. gedruckte Quelle Lesur, Annuaire historique, Bd. IV, 628–629;
Vgl. gedruckte Quelle Martens, Nouveau Recueil, Bd. 5, S. 592–595 (Abgewandelte Fassung);
Vgl. gedruckte Quelle Metternich-Winneburg (Hg.), Metternichs nachgelassene Papiere III, S. 391–394 (deutsch);
Vgl. gedruckte Quelle Alberti, Atti, S. 375-377.

Text

Abschnitte

Hand: Friedrich Gentz

[Bl. 80r]

Journal des Conférences
Nr. V.

Jeudi 7 Décembre 1820.

Mr. le Marquis de Caraman a fait à la conférence les deux communications ci-jointes sub Litt A et B :

La première pour rendre compte du motif et des suites de la démarche confidentielle qu’il avoit faite envers Mrs. les Ministres d’Autriche, de Prusse et de Russie, en leur exposant les avantages qui pourroient résulter d’une intervention personnelle de S. M. le Roi de France, comme Chef de la maison de Bourbon, auprès de S. M. le Roi des Deux-Siciles pour faciliter le succès des résolutions adoptées à Troppau ;

La seconde pour donner connoissance des points de vue sous lesquels le Gouvernement de S. M. le Roi de France a envisagé les Mémoires remis à la Conférence par les Cabinets d’Autriche, de Prusse et de Russie le 23 et 29 Octobre et 2 Novembre.

Après la lecture de ces deux pièces, Mr. le Prince de[Bl. 80v] Metternich a dit que, relativement à la première, Il se trouvoit dans le cas d’y ajouter quelque éclaircissemens pour ce qui le regardoit :

Que Mr. l’Ambassadeur de France lui avoit communiqué dans le tems ses idées sur la démarche en question, en le prévenant que ces idées lui étoient personnelles ;

Que cette communication, portant sur des vues de conciliation et ayant eu lieu au moment même où les Trois Cabinets s’occupoient de l’invitation à adresser au Roi de Naples, le Prince, ne pouvant pas faire connoître à Msr. l’Ambassadeur ce qui alors n’existoit encore qu’en ébauche, avoit dû se borner à le prévenir que dans quelques jours les Trois Cabinets seroient assez avancés pour s’expliquer sur le projet qui les occupoit, et qui portoit sur une base sous plusieurs rapports analogue à celle dont Mr. l’Ambassadeur étoit parti.

Mr. le Comte de La Ferronnays a fait observer qu’il regrettoit d’autant plus vivement que Mr. le Prince de Metternich n’ait pas cru pouvoir confier à Mr. le[Bl. 81r] Marquis de Caraman le projet dont Mrs. les Ministres des Trois Cabinets étoient occupés ; que l’Ambassadeur de France n’auroit surement pas cru devoir fixer l’attention de son gouvernement et demander des instructions sur sa proposition s’il avoit eu connoissance de la démarche qui devoit être faite auprès du Roi de Naples et dont le but et l’intention étoient évidemment conformes à l’esprit de la mesure dont Mr. l’Ambassadeur avoit confidentiellement porté à Mrs. les Ministres du Trois Cabinets.

Mr. le Prince de Metternich a saisi la présente occasion pour prévenir Mrs. les Ministres de France et de Grande-Bretagne que les Cabinets d’Autriche, de Prusse et de Russie, voulant épuiser toutes les chances de conciliation avant d’avoir recours à la force, venoient de fixer leur attention sur une nouvelle démarche, tendant à faire intervenir le Saint-Père comme Médiateur dans les mesures à prendre par rapport à l’état actuel du Royaume des Deux-Siciles, et que ces Cabinets seroient incessamment à même d’in-[Bl. 81v]former la conférence de la marche qu’ils comptoient suivre pour cet effet.

Mrs. les Ministres des Cabinets d’Autriche, de Prusse et de Russie ont fait communication du ci-joint Apperçu des premiers résultats des conférences de Troppau ; pièce qu’ils ont cru devoir adresser à leurs Ministres près les autres Cours Européennes tant pour leur propre information que pour celle des gouvernemens auxquels ils sont accrédités.

Lu et certifié

à la Séance du 11 Décembre

Gentz

Hand: Anonyme Hand

[Bl. 82r] ad Prot. V [Lücke] A 7/12

Troppau le 7 Décembre 1820.

Les Cabinets d’Autriche, de Prusse et de Russie venaient d’exposer leurs premières opinions sur la grande question qui les occupe lorsque l’Ambassadeur de France près la Cour de Vienne, mû par le désir sincère de leur offrir – s’il était possible – un nouveau moyen de succès, crut devoir communiquer à Mr le Prince de Metternich et aux Ministres des Cabinets assemblés l’idée de profiter des droits que donne au Roi, son maître, le titre de chef de la maison de Bourbon et des liens de parenté qui unissent Sa Majesté au Roi des Deux-Siciles pour appuyer et faire adopter librement à[Bl. 82v] Naples les résolutions qui seraient prises à Troppau.

L’Ambassadeur de France avait indiqué ce mode de négociation sans aucun ordre, sans aucune instruction de sa cour. Néanmoins, Mr le Prince de Metternich ayant paru approuver et le motif et le but de la mesure qu’il proposait, et ayant même voulu recevoir le développement de sa pensée, il se décida à lui en remettre l’exposé par écrit, et s’empressa de rendre compte à son Gouvernement de la démarche qu’il avait faite et des raisons qui le portaient à croire qu’elle serait prise en considération.

Postérieurement au départ de son courrier à la conférence[Bl. 83r] du 19 Novembre, ce Ministre reçut communication du plan de conduite concerté et déjà arrêté par les Cabinets d’Autriche, de Prusse et de Russie, et dans lequel on établissait que toutes les voies de conciliation devaient être épuisées avant qu’on eût recours à la force. Comme le principe de ce système se trouvait être absolument conforme à celui sur lequel se fondait sa proposition, l’Ambassadeur de France ne douta point que l’adoption que les trois Cabinets faisaient de ce principe ne répondit entièrement aux vues de sa cour ; en conséquence, il ne crut pas dans le moment devoir donner suite à sa première[Bl. 83v] démarche ; il ignorait même alors si elle serait approuvée par le Gouvernement du Roi.

Cependant connue de Sa Majesté, avant que les articles préliminaires sur lesquels les trois Cabinets sont tombés d’accord aient pu lui être soumis, cette démarche vient d’obtenir sa pleine et entière approbation.

Le Roi, fidèle à l’alliance générale, s’estimerait heureux de la seconder dans l’affermissement de la paix dont cette alliance est elle-même la base et la garantie.

Aussi le gouvernement français, en même tems qu’il rejettait toute espèce d’ouverture de la part des agens Napolitains et qu’il constatait ainsi son invariable détermination de[Bl. 84r] suivre à cet égard l’exemple de ses alliés, a donné à ses Plénipotentiaires l’ordre de mettre, pour ainsi dire, à la disposition des Puissances toute l’influence que Sa Majesté pourrait exercer à Naples dans le dessein d’amener ou de hâter l’accomplissement des vœux que ses augustes alliés forment pour le bonheur de ce pays et pour sa paisible réconciliation avec le reste de l’Europe.

Les Plénipotentiaires français exécutent aujourd’hui cet ordre ; toutefois considérant que déjà des démarches directes ont été faites auprès de Sa Majesté Sicilienne ; que l’intention pacifique qui a dicté ces démarches ne peut qu’être partagée par leur gouvernement ;[Bl. 84v] enfin qu’il a été unani<me>ment reconnu que tous les moyens de persuasion devaient être épuisés avant que l’on put employer des moyens coercitives, ils se contentent d’annoncer éventuellement que si les démarches en question ne conduisent pas au résultat désiré, Sa Majesté sera toujours prête à interposer ses bons offices auprès du Roi des Deux-Siciles et à faire valoir tous les titres qu’elle possède à sa confiance pour épargner à son Royaume les malheurs inséparables d’une invasion, à l’Europe le spectacle affligeant d’une nouvelle guerre, aux alliés la pénible nécessité de l’entreprendre.

Les Plénipotentiaires français [Bl. 85r] portent cette déclaration aux actes de la conférence et se félicitent de pouvoir y joindre la réponse du Gouvernement du Roi aux mémoires présentés par les Cabinets d’Autriche, de Prusse et de Russie dans les séances des 23 et 29 Octobre et 7 Novembre derniers.

Hand: Anonyme Hand

[Bl. 86r] B.

Le Gouvernement du Roi a examiné, avec toute l’attention que commande la gravité du sujet, les mémoires remis aux conférences de Troppau le 23 Octobre par le Cabinet Autrichien, le 29 par le cabinet Prussien et le 2 Novembre par le cabinet Russe. L’accord de principes qui se rencontre dans ces trois pièces est une conséquence naturelle de l’élévation de caractère et de la loyauté de sentimens qui distinguent les Augustes Souverains réunis à Troppau. On remarquera que les mêmes principes ont été la base du mémoire qui a été remis aux Cours[Bl. 86v] alliées dans le courant du mois d’Août.1 Les sentimens que Sa Majesté exprimoit alors elle y persévère avec d’autant plus de force aujourd’hui qu’elle est plus convaincue que jamais que le salut de l’Europe dépend de la fidélité de toutes les Puissances à l’alliance générale.

Il est donc bien démontré que les Puissances alliées ne peuvent concevoir aucun doute sur leurs sentimens et sur leurs intentions réciproques. On observe qu’à cet égard elles n’ont mutuellement rien à se demander et elles sont parfaitement d’accord ; c’est sur cet accord que doit se[Bl. 87r] fonder la confiance sans bornes qui est le véritable lien de toute union. Il ne reste donc plus à désirer au Gouvernement Français que de coopérer autant que possible à amener promptement à leur maturité les délibérations de Troppau et à voir hâter le moment où la discussion sera portée sur le terrain où elle peut produire des résultats positifs. À cet effet, il offre les moyens de fixer nettement l’état des choses, tel du moins qu’il l’apperçoit, et d’en tirer les conséquences les plus naturelles et les plus directes.

L’Autriche est en mesure d’intervenir à main armée dans les affaires de Naples ; elle en a manifesté[Bl. 87v] l’intention par les préparatifs qu’elle a faits dès le mois de Juillet ; les Puissances qui composent l’alliance, voyant que la tranquillité de ses possessions en Italie2 pouvoit être compromise par les évènemens de Naples, ont reconnu le droit incontestable qu’elle avoit d’aviser aux moyens de maintenir la paix intérieure de ses Etats et d’augmenter, à cet effet, ses forces militaires en Italie. À ce motif, propre à l’Autriche, vient se joindre le danger auquel l’ordre social est exposé dans l’Europe entière par la nature de la révolution de Naples et, plus encore, par la manière dont elle s’est opérée.

[Bl. 88r]

La nécessité d’arrêter dans son essor l’action révolutionnaire militaire et sectaire toute à la fois qui s’est manifestée dans le midi de l’Italie et qui menace d’envahir le reste de ce pays étant généralement reconnue, il ne s’agit plus que de chercher comment chacun des membres de l’alliance peut coopérer à ce but, et quelle est, à cet effet, l’étendue de ses facultés ; car la justice et la raison commandent de ne demander à chacun que ce que sa position particulière lui permet d’accorder. Le gouvernement Français se plait à reconnoître qu’à cet égard son désir a été prévenu, et que les trois cabinets d’Autriche, de Prusse[Bl. 88v] et de Russie ont également exprimé dans leurs mémoires respectifs cette convenance et cette nécessité. Sans doute il est fort regrettable que cette unanimité qui existe dans les sentimens n’ait pu entraîner l’unanimité dans la manière de les manifester et dans les actes qui doivent en dériver ; mais l’impossibilité de songer désormais à se servir de ce puissant moyen qui constitueroit le véritable appui moral à donner à la Puissance agissante est trop complètement démontrée3pour qu’il puisse paroître de quelque utilité de s’y arrêter encore.

Le défaut de concours d’une seule des Puissances rompant[Bl. 89r] l’unanimité équivaudroit presque à une rupture de l’alliance, or le maintien de l’alliance paroit tellement indispensable que nul danger ne semble comparable à celui de la compromettre, non seulement dans la réalité, mais même en apparence.

Déjà les trois Cabinets d’Autriche, de Prusse et de Russie ont reconnu qu’il existoit entre la forme du Gouvernement Français et celle du Gouvernement d’Angleterre une analogie, et des rapports qui pouvoient lui imposer une réserve semblable à celle que le Ministère Britannique a cru devoir se prescrire.

Cependant il est des circonstances où le Gouvernement[Bl. 89v] Français ne se croiroit pas obligé de suivre entièrement la marche de l’Angleterre ; et si, par exemple, il étoit convenu par les Puissances Alliées de continuer la réunion diplomatique de Troppau et de charger les Plénipotentiaires de donner suite aux vues de conciliation qui pourroient précéder l’action de la force armée et, dans le cas où l’emploi de cette force ne pourroit pas être évité, de tâcher de modérer autant que possible les maux qu’entraîneroit le rétablissement de l’ordre social à Naples s’il devoit s’opérer par ce moyen, alors le Gouvernement Français ne croiroit pas devoir pousser le scrupule4jusqu’à refuser de coopérer[Bl. 90r] à cette œuvre salutaire, quand même l’Angleterre ne pourroit pas y prendre part, et il croiroit, au contraire, devoir y participer.

Mais en arrêtant sa pensée sur la chance que le Gouvernemt Français ne veut regarder comme indispensable que lorsque l’on aura épuisé tous les moyens de conciliation, et en supposant que l’ordre ne peut se rétablir à Naples que par le moyen de la force, il reconnoit qu’une fois cette expédition entreprise, toute l’Europe est intéressée à son succès, car l’hypothèse contraire entraîneroit évidemment les plus horribles conséquences. Mais non seulement le succès doit être assuré, mais il faut encore en garantir[Bl. 90v] la durée. L’occupation militaire ne rempliroit pas ce but, car elle ne peut être que temporaire ; or, il faut l’avouer, cette garantie ne peut se trouver que dans la nature du Gouvernement légitime ; mais pour qu’il puisse se soutenir, il faut qu’il soit appuyé du concours de tous les intérêts, de ceux du moins qui sont assez éclairés pour comprendre que leur existence est entièrement liée à celle du trône, et le concours de tous ces intérêts amène nécessairement l’établissement d’un Gouvernement libre.5 Si cette vérité est une fois reconnue, les grandes difficultés s’applaniront, et nul doute que l’influence que les Puissances peuvent[Bl. 91r] exercer sur le sort de Naples ne soit aussi facile que salutaire, et partant de cette base, si l’invasion a lieu, il est indispensable qu’elle soit exécutée de la manière la moins hostile et la moins onéreuse. Les bons offices des Puissances qui ne prendront pas une part directe aux opérations militaires pourront avoir une action décisive pour obtenir les soumissions, les réparations, enfin les engagemens qu’il sera nécessaire d’exiger. Ils pourront encore être employés utilement pour régulariser l’action militaire et lui donner un caractère propre à calmer et rassurer les esprits ; et enfin, ils peuvent, mieux[Bl. 91v] que tout autre moyen, contribuer à l’établissement d’une forme de Gouvernement propre à consolider le trône de Naples et à le mettre à l’abri de nouveaux orages.

En résumé, fidèle aux principes que le Gouvernement Français a développés dès le commencement des troubles des Deux-Siciles, invariablement attaché à l’alliance des cinq Puissances et de plus en plus convaincu que le maintien de cette alliance est le premier besoin de l’ordre social, il croit fermement qu’il est nécessaire d’étouffer la révolution dont Naples est le foyer ; que, pour atteindre ce but, la force militaire peut devenir nécessaire ; qu’elle[Bl. 92r] doit, suivant les circonstances, être plus ou moins développée et mise en action ; mais que pour éviter la dissolution du corps social et les catastrophes qui menacent le Monarque et la Monarchie, il est à désirer que l’emploi des moyens militaires soit accompagné, ou même précédé, d’ouvertures pacifiques ; il pense également que cette intervention appartient naturellement aux quatre Puissances qui n’ont qu’un appui moral à offrir à l’Autriche et que, suivant les convenances, elles peuvent agir toutes quatre ensemble ou séparément, mais toujours dans le but et d’après les principes convenus.

Telle est sans réserve et[Bl. 92v] dans toute son étendue l’opinion du Gouvernement du Roi sur la marche à suivre dans les affaires de Naples. Il veut se flatter que la franchise de cette communication sera considérée comme la meilleure preuve qu’il puisse donner de la persévérance de ses intentions pour le maintien de l’alliance et la défense des bases sur lesquelles reposent la paix et le bonheur du monde civilisé. S’il étoit question (ce que l’on ne suppose pas) d’une adhésion plus explicite aux propositions développées dans les mémoires échangés à Troppau, le Roi se réserve de faire dépendre cette adhésion en premier lieu[Bl. 93r] de la nature des moyens que les Cours Alliées présenteront pour arrêter l’explosion révolutionnaire dans les Deux-Siciles et ensuite du but qu’elles se proposeront d’atteindre lorsque ces pays seront délivrés du joug qui les opprime.

Hand: Friedrich Gentz

[Bl. 94r] C.

Projet de dépêche Circulaire à adresser aux Ministres d’Autriche, de Prusse et de Russie, près les Cours de etc. etc. Apperçu des premiers résultats des Conférences de Troppau

Les évènemens du 8 Mars en Espagne6, ceux du 2 Juillet à Naples7, la catastrophe du Portugal8 devoient nécessairement faire naître dans tous les hommes qui veillent à la tranquillité des Etats un sentiment profond d’inquiétude et de peine, et un besoin de s’unir et de se concerter pour détourner de l’Europe tous les maux prêts à fondre sur elle.

Il étoit naturel que ce besoin et ce sentiment fussent plus vifs dans les gouvernemens qui naguères avoient vaincu la révolution,9 et qui la voyoient aujourd’hui reparoître triumphante.

Il étoit plus naturel encore que, pour la repousser une troisième fois,10 ces gouvernemens eussent recours aux moyens qu’ils avoient si glorieu heureusement employés dans la lutte mémorable où l’Europe[Bl. 94v] les avoit vus briser le joug sous lequel elle gémissoit depuis vingt ans.

Tout autorisoit à espérer que cette union des principales puissances, formée au milieu des circonstances les plus critiques, couronnée des plus beaux succès, perpétuée enfin par les actes de 1814, 1815 et 1818 ; que cette union qui a préparé, fondé et complété la pacification du monde, ayant délivré le Continent du despotisme Militaire exercé par l’homme de la révolution, le délivreroit également d’un pouvoir nouveau non moins tyrannique et non moins désastreux du pouvoir, du crime et de la révolte.

Tels ont été les motifs et le but de la réunion de Troppau. Les uns doivent être si généralement sentis qu’ils ne demandent pas une plus longue explication. L’autre est si honorable et si utile que tous les vœux accompagnent,[Bl. 95r] sans doute, les Cours Alliées dans leur noble entreprise.

La tâche que leur imposent les devoirs et les engagemens les plus sacrés est vaste et difficile ; mais d’heureux présages leur permettent de croire qu’Elles parviendront à la remplir, en agissant sans aucune déviation dans le sens des traités par lesquels Elles avoient rendu la paix à l’Europe et établi une Alliance générale entre tous les Etats Européens.

Les puissances ont usé d’un droit incontestable en se décidant à prendre des mesures communes de précaution et de répression envers des Etats dont l’exemple seul étoit un acte d’hostilité contre dont le bouleversement opéré par la révolte, ne fût-il considéré que comme exemple, seroit déjà un acte hostile à toutes les institutions et à tous les Gouvernemens légitimes ; envers des Etats sur-tout qui, non contens de leurs propres malheurs, cherchent par leurs agens à les communiquer à d’autres contrées et s’efforcent d’y faire naître les troubles et l’insurrection.

[Bl. 95v]

La position et la conduite de ces Etats constituent une infraction manifeste du pacte qui garantit aux gouvernemens Européens, avec l’intégrité de leurs territoires, le maintien de ces relations pacifiques dont le premier effet est d’exclure jusqu’à l’idée de se nuire réciproquement.

Ce fait irréfragable devoit être le point de départ des Cabinets Alliés. En conséquence, les Plénipotentiaires qui pouvoient recevoir à Troppau même les ordres de leurs Souverains ont arrêté entr’eux, et soumis aux délibérations des Cours de Paris et de Londres, les principes à suivre envers les Etats qui subissent une altération violente dans la forme de leur régime intérieur, ainsi que les moyens, soit de persuasion conciliation, soit de force, propres à ramener au sein de l’alliance ceux de ces Etats sur lesquels on pourroit exercer une action[Bl. 96r] salutaire et efficace.

Comme la révolution de Naples jette tous les jours des racines plus profondes, il a été proposé comme nulle autre ne menace d’une manière plus sensible et plus immédiate la tranquillité des Etats du voisinage, ni ne peut être atteinte par des voies plus directes et plus promptes, on a reconnu la convenance et la nécessité de faire au Royaume des Deux-Siciles l’application immédiate des principes qui viennent d’être indiqués.

Afin d’entamer à son égard les mesures de conciliation, les Souverains présens à Troppau ont adressé à S. M. Sicilienne l’invitation de se rendre réunir avec eux à Laybach ; démarche dont le seul but a été d’affranchir la volonté de Sa Majesté et de l’engager à interposer Sa médiation entre Ses peuples égarés et les pays dont ils compromettent le repos.

Décidés à ne point reconnoître les gouvernemens enfantés par la sédition, les Souverains ne pouvoient entrer en rapport qu’avec la personne du Roi. Leurs Ministres à Naples ont reçu des ordres analogues.

[Bl. 96v]

La France et l’Angleterre ont été invitées à se joindre à cette démarche ; et s’y joindront sans doute avec d’autant plus d’empressement elles s’y refuseront d’autant moins sans doute que le principe en vertu duquel elle a été faite est strictement conforme aux traités solemnellement ratifiés par ces deux puissances, et qu’elle offre le gage assuré des vues les plus justes et les plus pacifiques.

Le système concerté entre l’Autriche, la Prusse et la Russie n’est point un système nouveau ; il ne présente qu’une application fidèle des maximes consacrées par les transactions qui ont fondé l’alliance générale.

Loin d’affoiblir l’union intime des Cours qui forment le centre de cette alliance, ce système ne peut que la fortifier et la consolider. Elle s’affermira comme elle s’est établie, conçue par les mêmes Cabinets, et successivement adoptée par les[Bl. 97r] puissances qui en ont reconnu les avantages.

La réalité de ces avantages ne sauroit être révoquée en doute. Il est d’ailleurs hautement démontré que ce ne sont ni des pensées de conquête, ni le désir de porter atteinte à l’indépendance des autres gouvernemens dans ce qui concerne leur administration intérieure, ni celui d’empêcher des améliorations sages et volontaires, conformes aux véritables intérêts des peuples, qui ont dicté les déterminations des puissances alliées. Elles ne veulent que maintenir la paix, que préserver l’Europe du fléau des révolutions, que réparer et prévenir, autant qu’il dépend d’elles, les malheurs qu’entraine l’oubli de tous les principes d’ordre et de morale.

À ces titres les puissances peuvent se flatter qu’une approbation unanime[Bl. 97v] <et> universelle les récompensera de leurs soins et de leurs efforts.

Zitierempfehlung Protokoll der 5. Sitzung des Kongresses von Troppau. In: Mächtekongresse 1818–1822. Digitale Edition, hrsg. von Karin Schneider unter Mitarbeit von Stephan Kurz, Wien: Österreichische Akademie der Wissenschaften, Institut für Neuzeit- und Zeitgeschichtsforschung 2018. URL: https://maechtekongresse.acdh.oeaw.ac.at/pages/show.html?document=Troppau_Prot_5.xml&directory=editions, abgerufen 25.08.2019, 15:48.
Verantwortlichkeiten
  • Transkription: Karin Schneider
  • Wissenschaftliche Edition: Karin Schneider
  • Technical Editor: Stephan Kurz
  • Korrekturen: Karin Schneider, Stephan Kurz
  • Beratung Kodierung: Daniel Schopper
  • Beratung Kodierung: Peter Andorfer

Vergleiche auch die Projektbeschreibung in der Einleitung sowie die Dokumentation der Applikation unter „Über diese Webseite“.

Lizenz https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/legalcode.de