Header/Metadaten

Regest

Metternich beschreibt die Unterschiede zwischen den Revolutionen auf der Apennin- und der Iberischen Halbinsel und analysiert die Uneinigkeit zwischen Großbritannien auf der einen und den Kontinentalmächten auf der anderen Seite hinsichtlich der Frage des politischen Umgangs mit der Revolution in Spanien.

Bezeichnung Geheime Denkschrift Metternichs
Dokumentenart Lithographie
Ort/Datum Verona, 15. 11. 1822
Signatur Wien, ÖStA, HHStA, Staatskanzlei, Kongressakten, Kart. 23, Fasz. 43 (alt), 200–217
Stückbeschreibung

Lithographie

Das Schriftstück liegt dreifach ein: Konzept fol. 200–205, 211 217; Lithographien fol. 206–210 sowie fol. 212–215. Die Edition folgt der Variante von fol. 206–210. Zählung mit Bleistift in der rechten oberen Ecke auf fol. 212r: „No 11“.

Text

[Bl. 206r] commun aux Cours d’Autriche, de Russie et de Prusse seulement. 8

Mémoire secret.
Coup d’œil sur la position de la question d’Espagne,

le 15 Novembre 1822.

Le temps qui vient de s’écouler à Vérone et les relations qui se sont établies entre les Cabinets m’ont mis à même de recueillir sur la situation des Cours relative à l’importante question Espagnole1 des renseignemens assez certains pour que je puisse fixer mon opinion sur cette situation.

Il m’est démontré qu’il règne entre les Cabinets une opinion uniforme sur la révolution espagnole, sur les causes ou déplorables ou criminelles de son origine, ainsi que sur le bienfait inappréciable qu’offrirait à l’Europe entière le retour de la Péninsule occidentale au repos intérieur.

Moins les sentimens des Cabinets diffèrent sur cet objet important, plus il existe de différence dans leur manière de juger des remèdes qu’il serait possible d’opposer à un mal généralement admis.

La première et la plus importante des différences se trouve entre l’opinion du Cabinet Britannique et celle des quatre Cours continentales. Le Cabinet Britannique n’hésite pas de se prononcer contre toute prise d’attitude morale, et bien plus encore matérielle des Puissances dans les affaires de la Péninsule. Il établit toutefois à cet égard une distinction entre l’Espagne et le Portugal2 ; tandis qu’il se borne à recommander aux Alliés par rapport à l’Espagne une nullité absolue,[Bl. 206v] qu’il énonce cette opinion comme étant fondée sur sa conviction d’une somme de dangers positifs pour les Puissances et d’un manque total de chances en faveur de toute action de Leur part sur les affaires de ce Royaume, il les prévient que les Traités existans entre la Grande-Bretagne et le Portugal prescriroient au Gouvernement Britannique une marche plus prononcée si on se décidait d’appliquer le principe d’une intervention au dernier de ces Etats.

Les Cours continentales, de l’autre côté, sont d’accord dans le sentiment de la nécessité d’une attitude claire et précise à prendre par Elles dans les affaires de la Péninsule.

Si entre les quatre Cabinets il se présente des nuances d’opinion, celles-ci ne portent ainsi en aucune manière sur la nécessité d’une action morale, mais elles se trouvent bornées à des différences de jugement sur le plus ou le moins de convenance et de possibilité de l’emploi de moyens matériels, surtout dans la première période du soutien d’une cause qui fixe à un degré égal la sollicitude des Monarques.

Tel est le tableau succinct de la position réelle des choses prise dans son grand ensemble.

Les décisions se préparent ; elles ne sauroient même tarder à être prises ; les premiers intérêts de l’Europe sont attachés à ce fait, ainsi qu’à celui que ces décisions soient conformes aux besoins véritables de l’affaire la plus grave et la plus riche en conséquences que ait pu être réservée aux Cours.

Le Cabinet autrichien, en se livrant à l’examen des questions, et occupé du soin de contribuer [Bl. 207r] pour sa part et autant que le fait peut dépendre de lui au succès d’une cause que l’Empereur met sur la première ligne de Ses vœux et de Ses calculs, a dû avant tout se placer en face de toutes les vérités. Je n’hésite pas de réunir notre jugement dans le cadre suivant :

Le principe révolutionnaire qui a jeté la Péninsule occidentale dans un abîme de maux est le même que celui qui a bouleversé en 1820 et 1821 Naples3 et le Piémont.4 Mais la situation des Puissances relativement à l’Espagne diffère de celle dans laquelle Elles se trouvaient vis-à-vis des deux Révolutions Italiennes.

La différence porte sur deux points essentiels : elle ressort et de la position géographique de l’Espagne, du contraste que présente l’histoire de ce pays, les mœurs et l’esprit de ses habitans avec les Etats d’Italie, et de la situation morale et matérielle de la France comparée à celle de l’Autriche.

Ces différences étant positives, et telles qu’elles n’admettent pas même la possibilité d’être écartées par les Puissances, elles doivent être placées dans la première ligne de Leurs considérations. Toute erreur de la part des Cabinets conduiroit l’Europe à sa perte, et parmi les erreurs celles qui sont le moins à pardonner ce sont celles qui portent sur des faits. Or, la situation morale de la France, les facultés comme les côtés foibles de Son Gouvernement, sont des questions de fait, et ce sont ces questions qui doivent diriger tous les calculs qu’il sera permis[Bl. 207v] de faire sur l’appui que ce Gouvernement pourroit donner à la cause commune, ainsi que sur les dangers auxquels il seroit exposé (et avec lui l’Europe entière) par une nouvelle secousse révolutionnaire dans son sein ; dangers qui seroient d’autant plus déplorables s’ils avoient été amenés par une faute quelconque de la part des Alliés.

Aussi le Cabinet autrichien a-t-il cru devoir vouer un soin particulier à s’éclairer sur la position morale effective du Gouvernement français dans la question Espagnole.

Avant que cette question n’eût été abordée à Vérone avec quelque précision, nous avons cru pouvoir mettre en doute si le Ministère français était assez uni dans les élémens qui le composent pour avoir pu former son opinion sur ses propres facultés, et par suite sur le rôle qu’il pourrait être réservé de jouer dans les complications de la Péninsule, tant dans l’intérêt direct du rétablissement de l’ordre dans un Etat voisin que dans celui de la conservation de la paix publique en France même. Ce doute a complètement cédé à mes yeux.

Je n’hésite pas d’admettre comme certain que dans le Cabinet français il existe sur ces graves questions unité de jugement et de volonté, et que si ce Cabinet désire prendre avec les Alliés une attitude morale commune, il est décidé à se maintenir sur une ligne matérielle de défensive – ou ce qui équivaut ; que prêt à repousser une attaque de la part de l’Espagne, le Gouvt français[Bl. 208r] se placerait de son côté dans une forte attitude morale concertée avec ses Alliés, sauf à rester assuré de leur appui même matériel dans le cas où il croiroit en pressentir ou l’utilité ou le besoin.

C’est dans ce sens qu’a eu lieu l’initiative que le Plénipotentiaire français a prise envers ses collègues, et chaque explication subséquente de sa part a dû servir à nous démontrer davantage son propre point de vue et les déterminations de son Cabinet dans le sens que je viens de préciser.

En nous plaçant ainsi en face des questions, en prenant pour ce qu’elles sont les positions et les nécessités, il nous semble de l’intérêt de la cause que l’on forme un plan d’après lequel il serait à la fois possible et prudent d’avancer.

L’opinion du Cabinet autrichien relativement à l’ensemble de l’affaire se trouve indiquée par deux initiatives qu’il a prises, savoir : par la lettre que j’ai adressée au Marquis de Londonderry le 8 Juillet dernier, et par laproposition que j’ai faite à la Conférence du 31 Octobre der. Des applications plus particulières de notre opinion ont eu lieu par la réponse de l’Autriche à la proposition de la France relativement à l’établissement d’un Casus foederis 5 et par le projet de notre Instruction à la mission de l’Empereur à Madrid.

Le Casus foederis avec la France se trouve admis en principe ; il devra être précisé et revêtu d’une forme quelconque.

Une démarche diplomatique à Madrid est arrêtée[Bl. 208v] de même en principe, elle va se trouver réglée dans les formes.

Les quatre Cours continentales pourront dès lors se trouver placées sur une même ligne d’action moralea et unies sur le principe d’une défensive matérielle. La cinquième des Puissances alliées – et dans le cas spécial que nous traitons cette Puissance peut être regardée comme la première sous le point de vue de Son influence directe sur la Péninsule – reste encore placée dans une liberté entière et de décision et d’action.

Quel peut être le but que doivent se proposer les Cours dans l’intérêt direct de la cause qu’Elles regardent à la fois comme étant la leur et celle de l’Europe entière ?

Quels sont les moyens à la portée des Puissances pour atteindre ce but ?

Nous allons répondre pour notre part à ces importantes questions.

L’Autriche regarde la révolution Espagnole comme l’un de ces maux que toute Puissance ne méconnoissant pas le premier de Ses devoirs – celui de Sa conservation – doit chercher de détruire par tous les moyens que peut avouer et la raison et le bon droit[Bl. 209r] et une saine politique.

Le cours des événemens a crée en Espagne une force amie des principes de conservation laquelle, par ce fait même, se trouve en opposition avec la faction révolutionnaire revêtue du nom de Gouvernement.

Les Cours, ensuite de considérations que peut justifier la politique, se trouvent à l’heure qu’il est encore en relations directes et diplomatiques avec cette faction. Les Cours doivent viser à se placer dans une entière liberté diplomatique.

Afin de gagner cette liberté, les Puissances devront motiver Leur résolution. Elles sont prêtes à le faire. Leurs paroles seront entendues en Espagne. Elles ne peuvent manquer d’y encourager les bons et d’y opérer sur les méchans.

Quelque puisse être l’effet que ces paroles produiront sur la faction révolutionnaire, il prêtera à dédoubler les positions.

Deux Espagnes vont se trouver placées en présence : L’une amie des Puissances, l’autre ennemie de Leurs principes.

Les Puissances auront dès lors à choisir entre leurs amis et leurs ennemis, et ce que nulle prévoyance humaine ne peut pressentir dans la confusion actuelle des choses et des positions, se présentera avec assez de précision pour servir de règle de conduite ultérieure à des Monarques animés des mêmes sentimens et trop élevés pour se livrer à des impulsions autres que celles que peut leur[Bl. 209v] dicter la cause du salut commun, cause dans laquelle l’Espagne est comprise la première !

Mais l’Angleterre, dont l’action pourrait être tout aussi salutaire que son inaction morale absolue, serait contraire au succès de la marche commune des autres Puissances, – l’Angleterre est là, et son rôle n’est pas fixé ! Nous nous flattons que tel pourrait cesser d’être le cas le jour même où les choses se trouveroient réduites à des questions de fait.

Dans le cas d’un accord entre les quatre Cours continentales deux attitudes de fait se présenteront à l’Angleterre :

Celle de l’Espagne en révolution ;

Celle des Cours continentales prêtes à rompre les liens diplomatiques qui les attachent encore au Gouvernement révolutionnaire.

L’Angleterre pourra-t-Elle rester neutre dans ce différend ?

Nous ne le croyons pas, car sa neutralité morale même tournerait en approbation des principes révolutionnaires et au désaveu de celui de conservation. Cette neutralité seroit-elle constatée par le silence de l’Angleterre ? Mais un pareil silence que les quatre Cours pourroient admettre de la part de la cinquième ne saurait être admis par le Gouvt révolutionnaire espagnol. Il est de l’intérêt direct de ce dernier de proclamer comme étant pour lui le Membre de l’Alliance qui se séparerait de l’attitude des quatre autres Cours. Le Gouvernement[Bl. 210r] Britannique manifesteroit-il, dans cette supposition, une opinion conforme aux vœux de la faction révolutionnaire ? Nous ne pouvons en admettre la possibilité !

Afin d’éviter toutefois des chances aussi extrêmes et de servir en même temps l’intérêt de la cause qui nous occupe et celui de l’Alliance en général, il nous paroît essentiel que les quatre Cabinets, après avoir arrêté entr’Eux l’attitude que leur dictera leur sagesse contre l’Espagne révolutionnaire, abordent franchement la question avec le Cabinet Britannique, en lui demandant une explication précise sur l’attitude que, dans les positions données, il croira devoir prendre dans le triple intérêt,

1. Du maintien de la paix politique entre l’Espagne et les Alliés ;

2. Du retour de l’ordre dans la Péninsule ;

3. Du maintien de l’Alliance, dont la dissolution pourrait être amenée par une différence non prévue entre la marche des quatre Cours continentales et celle de l’Angleterre.

Les discussions qui ont eu lieu jusqu’à ce jour trouveront leur terme dans le parti auquel vont s’arrêter les quatre Cours ; la recherche des mesures propres à nous rassurer sur les trois grands points que je viens d’indiquer fixera sans doute à un haut degré la sollicitude des Cours continentales, mais elle ne réclamera pas moins des méditations profondes de la part du Cabinet Britannique.

Zitierempfehlung Kongress von VeronaI. Affaires d’EspagneGeheime Denkschrift Metternichs. In: Mächtekongresse 1818–1822. Digitale Edition, hrsg. von Karin Schneider unter Mitarbeit von Stephan Kurz, Wien: Österreichische Akademie der Wissenschaften, Institut für Neuzeit- und Zeitgeschichtsforschung 2018. URL: https://maechtekongresse.acdh.oeaw.ac.at/pages/show.html?document=Verona_I_12.xml&directory=editions, abgerufen 11.12.2019.
Verantwortlichkeiten
  • Transkription: Karin Schneider
  • Wissenschaftliche Edition: Karin Schneider
  • Technical Editor: Stephan Kurz
  • Korrekturen: Karin Schneider, Stephan Kurz
  • Beratung Kodierung: Daniel Schopper
  • Beratung Kodierung: Peter Andorfer

Vergleiche auch die Projektbeschreibung in der Einleitung sowie die Dokumentation der Applikation unter „Über diese Webseite“.

Lizenz https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/legalcode.de